Henri Ploquin (1924-2009) : De la terre à la brique.  De la brique aux P.T.T.
 PDF & Epub   CANDÉ   CONTACT   ACCUEIL 
  Table des matières

  1. Les mémoires de ma jeunesse


  2. Les premiers souvenirs de mon enfance


  3. Un autre souvenir de jeunesse


  4. Une aventure à l'âge de huit ans


  5. Un copain d'école


  6. Ma sortie d'école


  7. Mes premières fréquentations avec Simone


  8. Après notre mariage


  9. Ma nouvelle usine


  10. Ma première rencontre avec les P.T.T.


  11. Trois semaines à la Possonnière


  12. Un souvenir de facteur


  13. Histoire ou aventure dans un bureau de poste


  14. Montjean-sur-Loire


  15. Montfaucon-sur-Moine


  16. Rue de la Petite Planque, à Candé


  17. Un lièvre tombé en bonnes mains


  18. Mon départ à la retraite

  19.  
  20. Mot de la fin

  21.  
  22. Dessins originaux accompagnant mon récit

  23.  

Chapitre 12
Un souvenir de facteur


J'allais faire le facteur à Ingrandes sur Loire, toujours à mobylette.  C'était en février.  Il faisait grand froid.  Il y avait bien six ou sept degrés au-dessus de zéro.  Tout était gelé.  J'avais passé La Cornuaille, en direction d'Ingrandes.  Je venais juste de passer la queue de l'étang de la Clémencière de la Cornuaille.  Il était environ 6 H 15.  Je montais la côte vers Beau-Chêne.

Tout à coup, j'aperçois dans la lumière de ma mobylette, à environ cinquante mètres, comme une bande de moutons qui passait par dessus la haie gauche et qui traversait la route en file indienne.  J'ai donc freiné à mort.  Mais, à la place de prétendus moutons, c'étaient des sangliers; sept ou huit petits de la taille d'un lièvre   J'ai donc arrêté ma mobylette tout en laissant tourner le moteur pour m'éclairer.  Le dernier qui est passé, c'était la mère.  Elle s'est arrêtée devant moi, elle est venue sentir ma roue avant et a approché son grand nez pointu à environ 50 centimètres de ma main.  Elle m'a regardé et elle est repartie en suivant sa meute.  Je ne lui ai rien dit ni fait.  Je crois bien que c'est le jour où j'ai eu le plus grandpeur de ma vie.  J'en ai tremblé presque toute la journée.

Quand j'ai raconté mon aventure en arrivant à Ingrandes, les employés de la poste ne voulaient pas me croire, et pourtant c'est bien vrai.

J'ai appris par la suite que toute cette harde de sangliers venait boire à l'étang de la Clémencière qui n'était pas gelé, alors que tous les petits trous d'eau étaient couverts de glace.  Ensuite, ils se sont dirigés, en traversant un champ de colza, vers les grands bois de la Cornuaille, des charmeraies je pense.

.
 Haut de page  © 2010-2014 Annick Ploquin. Tous droits réservés.